Tame Impala : Le voyage sonore entre psychédélisme et indie pop

Toute l’actu musicale en non-stop

Un groupe, un homme : la singularité de Tame Impala

S’il y a bien un projet musical qui s’est joué des étiquettes en à peine une décennie, c’est Tame Impala. Derrière ce nom qui évoque autant l’animal sauvage que l’exotisme des 70’s, on trouve en réalité Kevin Parker, multi-instrumentiste australien, un vrai stakhanoviste du studio. Ce n’est pas un groupe classique à géométrie variable comme on peut en voir des dizaines, c’est une vision créative portée par un seul cerveau, épaulé live par des musiciens fidèles (Jay Watson, Dominic Simper, Cam Avery, Julien Barbagallo). Nominé et régulièrement lauréat dans les ARIA Music Awards — jusqu’à « Album of The Year » pour Currents — Parker est maintenant aussi reconnu que les grands architectes sonores d’antan (Source : Rolling Stone, The Guardian).

Des débuts estampillés « rock psyché » mais déjà hors-normes

Le premier album, Innerspeaker (2010), débarque comme une claque rétro-futuriste. Imaginez la chaleur d’une vieille bande, des guitares qui ondulent comme sous LSD, et la voix de Parker noyée d’écho. La critique parle alors de « renouveau du psychédélisme », The NME évoque « un disque qui aurait pu sortir entre 1967 et 1973 mais branché sur de nouveaux circuits ». Pourtant, derrière les inspirations évidentes (The Beatles période Sgt. Pepper’s, Pink Floyd, Cream), il y a déjà ce goût du beat serré, des petites bidouilles électroniques et du groove… qui ne sont pas vraiment « pures sixties ».

Lonerism : la première grande réunion du psyché et de la pop

Avec Lonerism (2012), Kevin Parker casse encore davantage les frontières. Les synthés explosent sur toute la longueur du disque, les refrains deviennent tubesques, et l’introversion du songwriting se marie avec un son taillé pour la scène. Ce n’est pas pour rien que le single Feels Like We Only Go Backwards est repris, remixé, samplé à gogo et considéré comme une nouvelle référence indie.

Derrière la façade psyché, tout est arrangé pour capter l’oreille d’un public pop : des hooks imparables, des textures électroniques, des rythmes clin d’œil au hip-hop (écoutez donc la batterie de Elephant). C’est la bascule : Tame Impala n’est plus qu’un revival, c’est un trait d’union entre le rétro et le futur.

Currents : le grand plongeon dans l’indie pop et l’électro

L’album Currents (2015) marque la mutation assumée de Tame Impala vers des territoires plus synthétiques, presque dance parfois. Parker revendique alors ses influences modernes : Daft Punk, Justice, Michael Jackson, Kanye West. Oui, tout ça ! Les guitares rétro s’effacent un peu, la basse vrombit, la batterie est reprogrammée jusqu’à sonner trap par instants, et surtout, les refrains flirtent avec la pop pure.

La prod est ultra léchée. Parker use de sidechain, de vocoders (« Gossip », « Yes I’m Changing »), d’arrangements dignes des contemporains électro. La structure des morceaux est pleine de fausses pistes, loin du classicisme pop, mais portée par une efficacité mélodique redoutable.

Pourquoi Tame Impala a bouleversé la scène indie internationale ?

Ce n’est pas juste une question de son. C’est une nouvelle façon de produire, d’écrire et de promouvoir la musique :

Quelques chiffres pour le prouver :

Albums, sons, visuels : une esthétique pop psychédélique repensée

Tame Impala, ce n’est pas qu’une musique : c’est tout un univers visuel et une manière de penser l’album à l’ère du streaming. Leurs pochettes (signées Leif Podhajsky ou The New York Times pour The Slow Rush), leurs clips à mi-chemin entre l’expérimental et la pop culture, leurs concerts immersifs… On reste loin de la nostalgie stérile.

Les hits, les collaborations et l’influence sur la nouvelle génération

La marque Tame Impala, c’est aussi l’art du featuring et de l’ouverture à d’autres univers :

La génération bedroom pop, qui déferle sur SoundCloud, cite Tame Impala comme influence. On le retrouve samplé chez Flume, inspirant des nouvelles têtes comme Clairo, Rex Orange County ou encore Men I Trust (source : The Fader). L’hybridation sonore façon Parker devient le standard du cool.

Vers un futur encore plus hybride ?

Tame Impala n’est jamais là où on l’attend : teasing permanent sur les réseaux sociaux, collaborations inattendues, prises de risques en live (par exemple la version dance de « Elephant » à Coachella 2019). Son impact sur la scène musicale ne se mesure pas seulement à ses hit-parades mais à la manière dont il a ouvert la voie à une génération d’artistes qui n’ont plus peur de flouter les lignes entre rock, pop, électro et même hip-hop.

Sur PlayFM & Hits, on scrutera les prochaines étapes de cette odyssée sonore, car avec Tame Impala, on sait qu’un prochain virage n’est jamais loin. Côté inspiration et ouverture d’esprit, Kevin Parker a déjà gagné son pari : rendre le psyché aussi moderne que l’indie pop… et inversement.

PlayFM & Hits

En savoir plus à ce sujet :