100 gecs : les pionniers déjantés de l’hyperpop

1 février 2026

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C’est quoi, au juste, l’hyperpop ?

Le terme "hyperpop" n’est pas juste un énième hashtag musical qui buzz sur TikTok. C’est un vrai courant, né d’un croisement improbable entre la pop, le glitch, l’électro, et mille autres influences, toutes poussées à fond les ballons. Si on devait résumer l’hyperpop, ce serait : tout, tout de suite, et sans aucune barrière de style ni d’identité. C’est une musique aussi explosive que l’époque qui l’a vue émerger.

Le terme a pris de l’ampleur vers 2019 sur Spotify, notamment grâce à une playlist nommée… “hyperpop”, pilotée par la plateforme elle-même (source : NPR). À son cœur, on retrouve des figures aussi diverses que SOPHIE, Charli XCX, Dorian Electra… mais aucune formation n’a autant cristallisé l’esprit du genre que 100 gecs.

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100 gecs : Qui sont-ils ?

Derrière ce nom un peu cryptique se cachent deux cerveaux en ébullition : Laura Les et Dylan Brady. Ces deux prodiges américains se rencontrent autour de 2015 dans la scène underground de St. Louis (Missouri), et lancent officiellement le projet 100 gecs en 2015. Leur premier album, "1000 gecs", sort en 2019 et explose littéralement les codes.

Leur recette ? Une mixture survitaminée qui mélange :

  • Voix auto-tunées à outrance, souvent pitchées de façon cartoon
  • Breakbeats ultra-rapides comme dans le drum and bass
  • Distorsion digne du métal indus, voire du hardcore
  • Clins d’œil constants à la pop culture, du rock emo à la dubstep, en passant par le ska ou le gabber

Ce qui frappe avec 100 gecs, c’est leur capacité à s’approprier tous les codes de la pop (idoles, refrains, gimmicks) et à les retourner façon rollercoaster sonore.

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Leur influence : 100 gecs, locomotive du mouvement

Pourquoi parle-t-on autant de 100 gecs quand il s’agit d’hyperpop ? Parce qu’ils ont transformé ce qui aurait pu rester un sous-genre obscur en véritable phénomène digital.

  • Impact sur le streaming : "Money Machine", tube incontournable de leur premier album, a dépassé 62 millions d’écoutes Spotify à l’heure où j’écris ces lignes (source : Spotify, 2024).
  • Effet “playlist” : Dès 2020, 100 gecs était partout : sur la fameuse playlist “hyperpop” de Spotify et dans la bouche des curieux de Pitchfork (Pitchfork).
  • Générateurs de mèmes : Leur visuel décalé (croix, drag-and-drop d’images pixelisées, humour absurde) a envahi les réseaux. TikTok s’est enflammé sur les morceaux de "1000 gecs", aidant la hype à dépasser la niche.

Là où les collectifs comme PC Music posaient les bases, 100 gecs a dégainé la version punk, plus accessible, plus trash, mais aussi plus addictive pour toute une génération native du web.

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Casser tous les codes : leur signature sonore

Ce qui fait le génie de 100 gecs, ce n’est pas juste l’accumulation de sons ou une forme de parodie. Ils manient les effets extrêmes avec une science rare :

  • Des samples à gogo, souvent impromptus : bruits de Windows 95, samples de trompettes façon ska, bruitages crados… À chaque morceau, une suprise !
  • Changements de tempo décapants : Passer d’un breakcore hystérique à une mélodie pop FM en quinze secondes ? Chez eux, c’est la norme.
  • Mélanges de genres : Dans “hand crushed by a mallet”, impossible de savoir si on écoute une prod de club, un tube pop ou un délire punk.

Cerise sur le gâteau, tout fonctionne en live. Leur concert à Coachella 2023 a bluffé la critique : entre moshing, pogo et dance chelou sous autotune, impossible de faire la fine bouche (source : Rolling Stone).

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Un duo sans compromis sur l’identité

L’hyperpop met aussi les identités LGBTQIA+ en lumière. Laura Les, artiste transgenre, a été l’une des premières figures ouvertes du mouvement. Un engagement qui transpire dans leurs textes : rejet des normes, affirmation totale de soi, et envie de tout casser sur son passage.

  • Dans “xXXi_wud_nvrstøp_ÜXXx”, la voix de Laura Les se transforme en cri technoïde, psychédélique et libérateur. Le message : il n’y a pas UNE façon d’être pop en 2024.
  • Leur collecte de fans sur Reddit et Discord est aussi bigarrée que leur musique : queer, geek, stans de tout poil…

Côté visuels et clips, c’est la même liberté créative : des montages en 3D cheap, des filtres à la truelle — tout un univers “lo-fi” qui refuse les canons esthétiques classiques de la pop. Et mine de rien, ça inspire toute une vague de jeunes créateurs (exemple : la scène bedroom pop sur Bandcamp, ou les artistes phares de TikTok comme Glaive ou Alice Gas — source : The Face Magazine).

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Collaborations et reconnaissances : de l’underground à la pop culture

Quand on parle de “fer de lance”, il ne s’agit pas juste d’influencer les fans. 100 gecs a aussi secoué l’industrie :

  • Remix-star : Leur album “1000 gecs and the Tree of Clues” (2020) invite A.G. Cook, Charli XCX, Fall Out Boy, Injury Reserve… Rien que ça. Un trait d’union entre les univers pop, rap, punk et électronica.
  • Reprises et covers : Plusieurs artistes comme Rico Nasty ou GFOTY reprennent leurs morceaux en concert, un vrai signe de “culte”.
  • Model 2020 : Le New York Times place 100 gecs dans sa liste des “meilleurs albums de 2020” (source), prouvant que la critique aussi succombe à la tornade.
  • Chiffres de ventes : “1000 gecs and the Tree of Clues” s’est classé n°8 du Billboard Heatseekers Albums Chart en 2020 (source : Billboard), un exploit pour un projet aussi ovni.

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Du digital à la scène : un contact direct avec la Gen Z

100 gecs, c’est aussi un “groupe d’Internet” au sens noble du terme. Leur buzz, ils le doivent à :

  • Discord & réseaux : Des serveurs Discord ultra vivants, où fans, remixeuses et bedroom producers refont le son en direct.
  • Mèmes et fan art : Le duo devient un phénomène viral, chaque clip ou release suscitant covers, mashups et réinterprétations par les fans.
  • Interaction directe : Dylan Brady et Laura Les discutent pas mal sur Twitter / X, n’hésitent pas à soutenir de jeunes talents (comme Fraxiom ou osquinn), et incarnent cette pop “ouverte” sur son public.

Bref, alors que la plupart des groupes pop traditionnels gardent la distance, 100 gecs brouille la frontière entre créateurs et public — une signature très 2020’s.

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Pourquoi 100 gecs inspire une nouvelle génération de producteurs ?

L'effet 100 gecs, c'est un vrai séisme créatif. Depuis leur explosion, des centaines de jeunes producteurs sur Soundcloud, TikTok ou Bandcamp ont sauté à pieds joints dans l’hyperpop “façon gecs”. On retrouve leur influence dans :

  • Des artistes comme Glaive (n°1 Billboard Heatseekers en 2021), Fraxiom et Alice Gas
  • La nouvelle vague TikTok : underscores, Petal Supply, Dorian Electra…
  • Tout un revival du glitchcore et du breakcore sur YouTube, où synthés agressifs et voix pitchées sont devenus monnaie courante
  • La création d’une “esthétique hyperpop” sur Canva et Instagram — stickers, fausses pochettes, filtres façon Windows 98…

Le truc à retenir, c’est que 100 gecs a libéré une génération : plus besoin de gros studios pour devenir un phénomène. Un laptop, FL Studio, quelques plugins, une bonne dose d’imagination… et roule ! C’est la démocratisation de la fabrication des tubes à la sauce 2.0.

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Et maintenant ? L’hyperpop après 100 gecs

Aujourd’hui, le mouvement hyperpop explose dans toutes les directions. Certains pensent que la hype est déjà passée, que le genre s’est dissous dans la pop mainstream (on voit l’influence chez Olivia Rodrigo, Paramore 2024, voir même sur le nouveau Grimes). Mais si le terme “hyperpop” bouge, l’héritage de 100 gecs reste, et inspire toujours :

  • Des festivals dédiés (comme le Pop Mutations Festival à Glasgow, 2024)
  • Des appearances dans des jeux vidéo ou TikTok Charts
  • Nouvelle génération de producteurs bedroom DIY, qui revendiquent la liberté stylistique made in gecs
  • Un “esprit” où tout est permis, playlisté à gogo par les algorithmes Spotify, Soundcloud ou Apple Music

Là où certains genres s’essoufflent face au rouleau compresseur de la pop, l’hyperpop version gecs reste un ovni impossible à canaliser. Aujourd’hui, beaucoup cherchent déjà ce qui viendra “après” — mais difficile de nier que, pour la Gen Z et même au-delà, 100 gecs a déclenché une révolution pop impossible à ignorer.

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Pour aller plus loin : playlist & documents à explorer

  • Spotify Playlist “hyperpop” : découvrez la sélection qui a lancé le mouvement ici
  • Pitchfork : “How hyperpop became pop”, analyse complète de la scène (Pitchfork, 2021)
  • The Face Magazine : “Hyperpop and Gender”, sur l’inclusivité du mouvement
  • 100 gecs sur Bandcamp : plongée dans les sorties “deep cuts” du duo
  • Coachella 2023 Review (Rolling Stone) : le live qui a confirmé la hype

Impossible de ne pas être secoué par le phénomène : écouter 100 gecs, c’est tester les limites (et les plaisirs) de la pop version turbo. Que vous accrochiez ou non à leur “bazar organisé”, leur impact et celui de l’hyperpop sont déjà entrés dans l’histoire récente de la musique. Prêt.e à appuyer sur Play ?

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